1° La remontée des appels téléphoniques qui aurait pu vérifier l’itinéraire de Jimmy n’a pas été effectuée.
2° Plusieurs témoins n’ont pas été entendus, et plusieurs pistes ont été écartées. Sans doute pour éviter des contradictions dérangeantes avec la version officielle… Parmi ces témoins, David LeRoy, Dr.Clarence Verdell et George Ritchie (voir aussi section "Incohérences"), qui malgré leurs déclarations de la plus haute importance pour l'enquête, n'ont pas été appelés à témoigner lors du procès.
3° La police a contraint des témoins à coopérer sous la menace afin de leur faire signer des aveux concordant avec les « preuves » désirées. L’un d’eux, Charles Thompson, membre du groupe "Sensation" auquel appartenait Jimmy, a été attaché à son siège dans les locaux de la police, et harcelé par cinq policiers pendant des heures, menacé de représailles s’il ne « coopérait » pas. Ayant signé les aveux recherchés (il déclara avoir vu Jimmy en possession d'une arme la veille du crime, en répétition avec le groupe, ce que démentiront d'ailleurs les autres membres), Charles Thompson se rétracte en 1996 et avoue les conditions dans lesquelles il a « témoigné ». Thompson, qui lui-même avait inculpé peu de temps auparavant pour une affaire de drogue, entre autres, a ainsi déclaré qu'il espérait que s'il cédait au chantage des policier ces derniers l'aideraient à se sortir de ses propres ennuis judiciaires. Même lorsqu'il avoua avoir fait une fausse déclaration, le procureur, Roger King, répliqua qu'il était trop tard pour changer quoi que ce soit à sa déclaration et que cet aveu ne serait pas pris en compte ! (Lire la déposition de rétractation de Charles Thompson :
http://ccadp.org/jimmyfrancais3.htm )
4° Contrairement à des personnes totalement étrangères à l’affaire, lesquelles ont eu droit à des interrogatoires particulièrement poussés, Jimmy, principal intéressé, n’a, lui, presque pas été entendu.
5° Aucun de ces « témoins » ayant inculpé Jimmy lors de l'enquête ne s’est présenté au procès…
6° Jimmy et sa famille, inquiets des rumeurs circulant sur le compte de Jimmy, se sont rendus d’eux-mêmes à la police pour savoir si l’on désirait les interroger. Malgré une heure d’attente, personne ne s’est occupé d’eux.
7° Jimmy n’a vu Lee Mandell, son avocat, que deux fois en tout : à la veille du procès, et lors du procès lui-même. Avant le procès, ni Jimmy ni sa famille n’avaient pu joindre Lee Mandell, lequel ne les a jamais rappelés suite à leurs nombreux messages. En 1991, époque du drame, Lee Mandell travaillait sur 46 affaires juridiques, sans compter ses affaires privées, ce qui explique sans doute son aberrant manque d'implication dans l'affaire J.Dennis.
8° Des preuves démontrent que certains documents et témoignages qui auraient pu jouer en faveur de Jimmy n'ont jamais été communiqués à la défense.
9° Comble du comble, les empreintes ADN présentes sur un bouton arraché des vêtements de Chedell, et présentant donc les empreintes du meurtrier, n’ont jamais été examinées… La police a nettoyé les empreintes et Lee Mandell n’a pas jugé pertinent de mentionner cette invraisemblance lors du procès.
10° Le président du jury s’est endormi à plusieurs reprises lors du procès... Comment, dans ce cas, garantir le sérieux de son déroulement ?!
11° Un autre témoin, David LeRoy, a déclaré que la police avait essayé de le forcer à reconnaître en Jimmy le meurtrier de Chedell Williams, ce qu’il a catégoriquement refusé.
12° Le Dr. Clarence Verdell, témoin (voir section "Incohérences"), a déclaré qu'au moins dix personnes avaient donné une description du tueur à la police, le jour du meurtre. Où sont donc ces témoins ?
13° LaTanya Cason, qui avait croisé Jimmy le jour du meurtre, loin du lieu du crime, avait déclaré l'avoir croisé environ une heure ou une heure et demie après l'encaissement d'un chèque. Le reçu de ce chèque indiquait 13:03, heure dite "militaire" à laquelle elle n'était pas habituée (en effet aux Etats-Unis, les heures ne vont pas au-delà de 12 h : pour 13 h, on note 1:00 p.m). Croyant alors que 13:03 signifiait 3:03 p.m (soit l'équivalent de 15h), elle a affirmé avoir croisé Jimmy entre 16 h et 16 h 30. Ce n'est que plus tard qu'elle a appris sa méprise et a donc souhaité rectifier sa déclaration pour témoigner qu'elle avait en fait croisé Jimmy entre 14 h et 14 h. Cependant, bien que la police et le procureur aient détenu une copie du reçu du chèque, ils n'ont pas corrigé cette fausse déclaration, laissée telle quelle lors de procès et utilisée comme "preuve" contre Jimmy...
14° ...Et où sont donc justemement les complices du supposé assassin ? Une fois Jimmy suspecté, plus personne n'a semblé se préoccuper de les rechercher...
15° A l'époque des faits, Roger King, le procureur, avait enregistré des "cassettes d'entraînement" où il apprenait aux plaignants à sélectionner des jurys qui reconnaîtraient l'accusé coupable en choisissant des jurés potentiels sur la base de leur statut économique, de leur race, de leur intelligence et de leur métier. Par exemple, les plaignants étaient encouragés à éliminer les Noirs issus des milieux pauvres et les personnes intelligentes quelle que soit leur race. Il est donc probable que sur la base de tels "conseils", l'impartialité du jury ait été compromise.